Les hydroliennes : 2-3% de la production nationale d'énergie française

jeudi 24 avril 2008

Un article publié sur Fréquence Terre revient sur la mise en place le 28 mars à Bénodet, en Bretagne, de « Sabella », première hydrolienne française, et sur l’expansion de ces systèmes sur les côtes françaises qui, de l’Atlantique à la Manche, ont des courants « avoisinant les 2m/s ».

« De nouvelles hydroliennes de ce type devraient être posées sur des sites « à fort courant marin » ; on pense au Raz de Sein, et à une structure entre les îles de Ouessant et de Molène… »

Selon les spécialistes, « le potentiel des courants marins en France représente aujourd'hui 3 à 5 gigawatts, soit 2 à 3 pour cent de la production nationale. »

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Forte croissance dans le solaire

mercredi 23 avril 2008

Selon une étude de la société XERFI intitulée « Le marché de l’énergie solaire en France, perspectives de croissance à l’horizon 2010-2015 et analyse du paysage concurrentiel », le secteur de l’énergie solaire serait « promis à une forte croissance dans les 10 prochaines années ».
Le parc de capteurs photovoltaïques (PV) devrait « être multiplié par 11,4 entre 2007 et 2012 ».

La puissance des systèmes thermiques devrait, quant à elle, « doubler d’ici à 2010 ».

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Que faire, si les « énergies propres » ne sont pas propres ?

Depuis quelques mois, nous assistons à un mouvement étrange… Une à une, le « bilan carbone » des énergies renouvelables est attaqué : celles-ci ne seraient pas assez « propres » ; elles émettraient trop de CO2.

La presse a largement relayé les critiques concernant l’éolien, symbole des énergies renouvelables, dans le cadre d’une campagne d’opinion orchestrée par la Fédération Environnement durable. Dans un rapport récent, la FED essaie de calculer le coût des éoliennes (paysages impactés, augmentation de la consommation de combustibles fossiles en cas de manque de vent) par rapport à leur apport : « très peu d'électricité produite », « des diminutions des émissions de CO2 non significatives ». De nombreux écologistes se sont opposés à ce constat, en qualifiant la FED d’association pro-nucléaire ou de mouvement « not in my backyard ». L’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) et le Ministère de l’environnement ont aussi affiché leur scepticisme : Selon une note récente de l’Ademe, « sur l’année 2008, l’éolien permettra d’éviter l’émission de 1,65 million de tonnes de CO2 (…) En effet, la production éolienne se substitute essentiellement à des productions à partir d’énergies fossiles, comme le montrent les scenarios prévisionnels du Réseau de Transport de l’Electricité (RTE). En 2020, un parc de 25000 MW devrait permettre d’éviter l’émission par le secteur énergétique de 16 millions de tonnes de CO2 par an. »

Voilà pour l’éolien. Ce qui intrigue, c’est que les autres énergies, « propres » ou moins propres, sont toutes mises en cause.

Depuis quelques mois, les biocarburants sont aussi fortement critiqués, pour plusieurs raisons : ils feraient monter les prix alimentaires, ils encourageraient la déforestation et ils seraient encore inutiles, compte tenu du manque de voitures adaptées. Les Verts ont appelé l’Union Européenne à abandonner l’objectif de 10% de consommation d’agrocarburants dans les transports pour 2010 car ils sont « une vraie fausse bonne idée » et « même une idée meurtrière qui va affamer « la moitié de la planète ».

De nombreux doutes sont aussi en train d’apparaître concernant l’énergie solaire : la fabrication des panneaux serait polluante. On s’intéresse aussi au bilan carbone du nucléaire : si les centrales émettent peu de CO2, il a bien fallu les construire…

Loin de moi l’idée de trancher un tel débat, tant les questions de chiffres sont difficiles à trancher. Qu’on le déplore ou pas, l’évolution des temps fait que l’opinion publique ne se fie pas davantage à des données de l’Etat qu’aux rapports d’un groupe de pression.

Cette tendance inspire à l’observateur engagé (que je suis) quatre constats.

Premier constat : le fait d’analyser un peu froidement les solutions que constituent les technologies « propres » est justifié. Pourquoi, après tout, dépenser argent et effort à développer des remèdes qui peuvent être pires que le mal ? Récemment, un James Lovelock, l’écologiste, l’inventeur de l’hypothèse écologiste Gaia, a avancé que l’arrêt de la consommation des hydrocarbures accroitrait le réchauffement climatique. En effet, nous dégageons selon lui un nuage de particules dans l’atmosphère qui détourne une partie des rayons du soleil. Et il l’a dit devant la Royal Society de Londres, l’équivalent de l’Académie des sciences française. Que cela soit vrai ou faux, l’argument mérite réflexion…

Mais nous risquons de basculer dans une situation un peu hystérique, dans cette recherche du « plus blanc que blanc », dans cet emballement d’une logique vers le refus de toute émission de CO2 (« logique d’une idée », la façon dont la philosophe Hannah Arendt définissait l’idéologie). D’où un second constat : à tout remettre en question, nous risquons de négliger les possibilités des énergies renouvelables, de les empêcher de se développer, de tuer ce potentiel incroyable pour un écologiste investi. En effet, que découvrons-nous, étonnés ? Que toute activité humaine génère du déchet ? Voila qui est nouveau ! Sauf que certaines en produisent moins que d’autre, et c’est cela qui m’intéresse, en tant qu’écologiste. Effectivement, quand le vent est insuffisant, il faut des centrales pour produire de l’électricité. Mais quand il y a du vent…

Troisième constat : compte tenu de ce que l’on sait, peut-être faut-il s’occuper de la consommation d’énergie (la demande) davantage que de sa production (l’offre). Deux raisons à ce constat. D’une part, nous ne saurons peut-être jamais définir clairement les « bilans carbone » des différentes énergies, tant les groupes de pression hostiles ou favorables sont nombreux, tant les experts divergent et tant les situations doivent varier. D’autre part, l’évolution du prix du baril de pétrole le montre, nous ne pouvons exclure des situations de pénurie d’énergie, qui fassent exploser les prix de l’énergie et mettent en péril la vie des populations, notamment les plus fragiles. En effet, nos sociétés ont de plus en plus besoin d’énergie, parce qu’il y a une croissance démographique forte (6 milliards d’habitants aujourd’hui, contre 1,6 milliards en 1900) et parce qu’elles consomment davantage. Sans énergie, pas de chauffage, pas de lumière, pas d’appareils, etc.

Quatrième constat : dans un premier temps, au lieu de penser les énergies renouvelables comme substitution aux énergies actuelles, mieux vaut pour l’instant les considérer comme addition. Les technologies propres n’en sont qu’à leur démarrage : en 2004, elles ne représentaient que 13,7% de la consommation totale d’énergie. Il faut encore les expérimenter et les développer. Par exemple, les biocarburants de deuxième génération pourraient être plus satisfaisants que ceux de première génération.

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Nous n'investissons pas assez pour les générations futures

mardi 22 avril 2008


Selon une étude de la fameuse école de management INSEAD, les Européens sont en train de prendre du retard dans l’investissement dans les technologies propres par rapport aux Etats-Unis.




Jusqu’en 2005, nous étions au coude à coude. Aujourd’hui, les entreprises de technologies propres américaines ont levé 4,5 milliards de dollars auprès de sociétés de capital risque aux Etats-Unis, contre 1,5 milliards en Europe.




Ce qui est un peu dommage, c’est que compte tenu de la régulation européenne (objectif de réduction de 20% des émissions de CO2 par rapport à 1990 d’ici 2020) et de sa promotion du protocole de Kyoto, l’Europe paraît en avance intellectuellement : nous serions toujours les premiers en termes de brevet sur le domaine.




Pour finir, les auteurs de l’étude, Benjamin Warr et Renato Orsato, estiment qu’il faut développer les « clusters » consacrés à l’innovation (en France, nous appelons cela pôles de compétitivité).




Je suis évidemment très favorable à l’investissement et aux start-up dans le domaine, car elles innovent beaucoup : les auteurs ont raison de traiter le taux d’investissement par les « venture capitalists » comme un critère important. Mais, compte tenu du modèle européen, je crois cependant qu’il ne faut pas oublier l’investissement public (notamment les collectivités locales, qui jouent un grand rôle), les grandes entreprises (nous avons en France quelques acteurs majeurs dans le secteur) ainsi que certaines formes associatives.

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10% de biocarburants en 2020 : le combat fait rage (prix alimentaires, déforestation et manque de marché…)

De nombreux cercles sont aujourd’hui en train de mettre en cause les biocarburants, et la commission européenne est notamment critiquée pour sa volonté de poser un quota de biocarburants dans le paquet climat (quota de 10% en 2020). En France, le combat fait actuellement rage entre la Fédération Nature environnement et les agriculteurs de la FNSEA. Trois types de critiques sont formulés contre les mesures de la Commission européenne.


Critique n°1 : ils risqueraient de faire monter les prix alimentaires.

Dans un rapport de juillet 2007 intitulé « les Perspectives agricoles de l'OCDE et de la FAO 2007-2016 », la FAO notait que les volumes d'oléagineux (essentiellement du colza) destinés à la production de biocarburants devraient passer d'un peu plus de 10 millions de tonnes à 21 millions de tonnes dans l'Union européenne entre 2007 et 2016. Au Brésil, la production annuelle d'éthanol, qui s’élève à environ 21 milliards de litres aujourd'hui, devrait plus que double sur la même période.

La Banque mondiale vient de s’en alarmer. De même, le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a écrit au Premier ministre japonais, qui préside le G8, pour lui demander de mettre cette question à l’ordre du jour pour la réunion de juillet 2008.

En mars 2008, Peter Brabeck, le patron de Nestlé, dans une interview au journal NZZ am Sonntag, estimait que « si l’on veut couvrir 20% du besoin croissant en produits pétroliers avec des biocarburants, comme cela est prévu, il n’y aura plus rien à manger. (…) Accorder d’énormes subventions pour les produire est inacceptable moralement et irresponsable ».


A noter que Lula, le président du Brésil, grand producteur d’éthanol, n’est pas d’accord, et il attribue l’accroissement des prix alimentaires à la croissance démographique : « Aujourd'hui, il y a plus de gens qui mangent. Les Chinois mangent, les Indiens mangent, le Brésiliens mangent (...) et les gens vivent plus longtemps. »


Critique n°2 : ils encourageraient la déforestation. Dans un rapport récent, Greenpeace montre que la déforestation s’aggrave en Amazonie.


Critique n°3 : les politiques volontaristes en faveur des biocarburants seraient inutiles, car le nombre de véhicules ne suivrait pas. Ici, il s’agit d’un argument de marché face à une politique volontariste. L’Allemagne vient ainsi d’abandonner son projet « E10 », qui prévoyait que le taux de biocarburants dans le carburant classique passe de 5% à 10% dès 2009. Sigmar Gabriel, ministre allemand de l'Environnement, estime que le nombre de véhicule supportant le mélange (de biocarburants) n’est pas suffisant, et qu’il « ne s'agit pas d'une mesure ayant trait à la politique de l'environnement, mais d'une mesure destinée à aider l'industrie automobile ».

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L’hotellerie au secours des solutions renouvelables en matière d’eau ?

vendredi 11 avril 2008

L’hôtellerie moderne est devenue bien souvent un facteur de pression pesant sur les ressources en eau. Mais le tourisme est pour bien des régions pauvres une source de financement à laquelle il est impossible de renoncer. A l’Ile Maurice, les autorités tentent d’anticiper, par différents projets, cette pression sur la demande en eau qui résulte de divers projets de développement de complexes hôteliers.

Le bureau du premier ministre a institué un comité composé de responsables des Ministères des Services Publics, des Finances, de l’Environnement et de ceux des Infrastructures publiques de la Central Water Autority (CWA) et un plan directeur pour augmenter la capacité du réservoir d’eau La Nicolière. Il a aussi encouragé des opérateurs économiques à investir dans des solutions renouvelables pour leur gestion de l’eau, notamment par les techniques de dessalement. Allafrica publie un article sur la gestion des ressources en eau à l’île Maurice, dont les groupes hôteliers, qui investissent dans le traitement des eaux usées, envisagent la création d’usines de dessalement et de stations d’épurations.

« Ainsi, le groupe Naïade Resorts projette d'équiper tous ses hôtels à Maurice en unités de dessalement d'ici la fin de l'année. Les études de faisabilité et les plans se poursuivent dans cette optique. A ce jour, deux hôtels du groupe comptent des unités de dessalement, notamment Beau Rivage, et le dernier-né de Naïade Resorts, Tamassa. » Le groupe Sun Resorts envisage pour sa part une station d'épuration pour deux de ses quatre hôtels.

D’ailleurs, cette même semaine, L’Express a consacré un article au dessalement de l’eau par des groupes hôteliers, qui se pratique de plus en plus comme une stratégie à long terme.3 Certains hôtels ont lancé des programmes de gestion de l’eau dans l’ensemble de leur chaine. Au-delà des initiatives qui visent à décourager le gaspillage d’eau, la mise sur pied d’unités de dessalement ou de stations d’épuration prend de l’ampleur. Un signe encourageant de l’implication positive de certains acteurs économiques.

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La Bretagne en pointe en matière d’énergie renouvelables marines

mardi 8 avril 2008

Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional de Bretagne, a profité du baptême du prototype d'hydrolienne Sabella, à Bénodet le 28 mars dernier, pour affirmer sa volonté de devenir « « la » région pour les énergies marines et d'accueillir notamment un centre de recherche et d'expérimentation d'envergure nationale. »
« L'objectif est de construire une vision partagée des perspectives ouvertes aujourd'hui par les énergies marines et un cadre commun pour développer recherche, innovations et activités dans ce domaine. »
Il est vrai que les énergies marines sont un champ particulièrement intéressant de développement de technologies propres, même si elles ont marqué le pas ces dernières années sur le plan technologique. Des usines comme l’usine marémotrice de la Rance sont certes très impressionnantes, mais elles nécessitent des sites très particuliers, qui excluent un déploiement à large échelle. Mais d’autres techniques sont à l’étude, chacune pâtissant d’inconvénients plus ou moins forts. En tout cas, il s’agit indéniablement d’un champ passionnant, et l’on ne peut que se féliciter de voir une région française afficher ses ambitions dans ce domaine.

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