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Le Portugal tire 45% de son électricité des énergies renouvelables

mercredi 13 octobre 2010


Les pays européens sont décidément en avance pour la part de leur énergie issue d’énergies renouvelables. Globalement, l’objectif des 20% d’énergies renouvelables en 2020 sera légèrement dépassé si l’on fait la moyenne des pays (certains seront en tête, comme l’Allemagne, d’autres légèrement en retard comme l’Italie). Autre cas intéressant, celui de la Suède, qui a récemment passé un cap symbolique, en tirant plus d’énergie de sa biomasse que de sa consommation de pétrole. Cette fois-ci, c’est le Portugal qui annonce de bons résultats (Cleantechnica).

Il y a 5 ans, le Portugal était déjà très en avance, avec près de 17% de son énergie issue de sources renouvelables. Le pays avait alors pris en engagement ambitieux, celui d’atteindre les 45% dans les 5 ans suivants. Nous sommes en 2010 et le Portugal semble en mesure de tenir son pari d’ici la fin de l’année calendaire.




Manuel Pinho, Ministre portugais de l’économie et de l’innovation de 2005 jusqu’à il y a peu, se souvient des débuts de cette transition, qu’il qualifie de « sous pression ». « Les politiciens doivent savoir prendre des décisions difficiles ». Les nouvelles installations, principalement dans l’éolien et l’hydroélectricité, ont été comme ailleurs largement soutenus par l’Etat à des tarifs préférentiels, qui devraient cependant baisser dans les 10 à 15 ans à venir. La privatisation des énergéticiens s’est accompagnée d’obligations de refonte du réseau à même d’accueillir de nouvelles installations d’énergies renouvelables.

Désormais, le Portugal est en concurrence avec l’Ecosse pour le titre de leader européen des énergies des vagues, grâce à un principe de feed-in-tariff (une aide d’Etat) qui paie 260€ chaque MW des 20 premiers MW installés. Le pays avait à l’époque été le premier a tester grandeur nature des centrales d’énergie des vagues près de Peniche, au large de ses côtes.

Si ces énergies marines sont encore souvent à des stades de développement, l’éolien a lui été rapidement démocratisé, à tel point que le Portugal est désormais un exportateur d’installations éoliennes vers des pays comme les Etats-Unis. Energias de Portugal, le plus grand énergéticien local, possède ainsi des fermes en Iowa et au Texas via sa filiale Horizon Wind Energy.

Prochain objectif pour le Portugal : 60% d’énergies renouvelables en 2020 !



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A la découverte du biomimétisme

lundi 2 août 2010

Voici un sujet dont on ne parle pas assez souvent, et qui pourtant incarne bien la philosophie du secteur des technologies propres. Le biomimétisme n’est pas une science à proprement parle mais plutôt une méthodologie assignée à la science, qui consiste à observer dans la nature les modèles existants pour en comprendre l’intelligence, et tenter in fine d’en faire des applications concrètes dans des secteurs de l’économie très variés. L’homme aurait en effet tort de se priver de siècles d’évolution des végétaux et animaux qui ont su s’adapter aux circonstances pour survivre et optimiser leur fonctionnement et leurs relations avec l’environnement. Il y a donc un peu de darwinisme dans le biomimétisme, mais surtout une prise de conscience qu’il n’y pas forcément lieu de créer de l’innovation ex nihilo en permanence quand le monde qui nous entoure, la nature en l’occurrence, nous fournit des exemples intéressants de bonnes idées.

Un premier exemple nous vient de la NASA. L’agence spatiale américaine s’est inspirée du lotus, le végétal bien connu, pour améliorer le revêtement des équipements spatiaux. En observant de plus près les feuilles de lotus, la NASA a découvert que celles-ci étaient recouvertes de petites denticules qui empêchent la poussière de se déposer à leur surface. Les débouchés sont assez évidents pour l’aéronautique, que ce soit pour la coque externe des navettes ou les équipements des cosmonautes. La feuille du lotus est aussi aquaphobe, ce qui permet aux équipements qui fonctionneront avec un revêtement similaire de ne pas être parasité par l’eau et la poussière.




Autre cas, toujours dans l’aéronautique, celui des avions en bouchon de liège. Le Portugal, principal producteur mondial de ce matériau avec 157 000 tonnes par an, a trouvé un débouché nouveau pour un produit qui peut remplacer le PVC poreux des fuselages. L’application, un liège-carbone, est un matériau à la fois léger et ininflammable, qui est utilisé sur les ailes de certains avions mais également pour la protection thermique des réservoirs d’essence des navettes spatiales.

Dernier exemple dans le secteur des énergies renouvelables cette fois-ci, l’utilisation d’un matériau qui copie la peau des requins pour recouvrir les pales des éoliennes. La peau des squales a progressivement évolué pour leur permettre des mouvements rapides lors de la chasse, alors que l’on sait que l’eau ralentit considérablement les mouvements. Les reliefs de la peau du requin ont inspiré les ingénieurs de l’éolien qui ont conçu une peinture en « peau de requin » pour améliorer la résistance des pales au vent, mais également le sport avec les fameuses combinaisons de natation qui ont permis de battre de nombreux records !


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Des avions... en bouchons de liège ?

mercredi 17 février 2010


Poursuivons notre exploration des technologies propres, rayon « produits naturels ». Nous avons déjà vu comment l’on pouvait faire des biocarburants à partir de presque n’importe quelle matière (café, urine, tuberculose, bois mort, pastèque, etc). Dans l’aéronautique, nous avons vu comment la NASA s’inspirait de la « sagesse du lotus » pour copier le revêtement anti-eau et anti-poussière de la plante. Cette fois-ci, ce sont des composants de pointe de certains avions qui pourraient être fabriqués en liège (TreeHugger).




Traditionnellement, c’est le Portugal qui produit le plus de liège (et donc de bouchons) avec près de 157 000 tonnes par an, ce qui compte pour la moitié de la production mondiale. La demande, en revanche, s’effondre, car les bouchons sont de plus en plus en plastique ou en métal (moins coûteux), du coup les ingénieurs portugais s’échinent à trouver un nouveau débouché à cette matière, et c’est dans l’aéronautique que cela pourrait marcher selon Reuters :

« L’équipe d’Aerocork [traduction littérale : Aérobouchon] vise à remplacer les plastiques PVC poreux des fuselages et des ailes par du liège. Nous savons que le PVC ne sera plus utilisé dans quelques années, car c’est une matière très peu écolo-compatible. Notre idée, c’est de vendre des pièces en liège-carbone. Il ne s’agit pas d’un retour aux premiers avions en bois, la combinaison du liège et du carbone donne un matériau léger et ininflammable. On utilise déjà du liège pour la protection thermique des réservoirs d’essence des navettes spatiales. »

Reste donc à voir si ce composite fait de liège et de carbone satisfera les constructeurs d’avions, mais si c’est le cas, l’avantage est double, puisqu’il remplacerait un composant chimique (le PVC), mais aiderait aussi à protéger les forêts de liège au Portugal. WWF avait prédit que si le liège ne trouvait aucun débouché, le risque de désertification était réel dans la région méditerranéenne.


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