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Les fermes aquaponiques rendues plus efficaces par du biogaz

mercredi 21 avril 2010

Attention, article plein d’innovations ! Pour ceux qui nous suivent régulièrement, vous nous avez déjà entendu traiter d’un nouveau système d’irrigation pour l’agriculture qui consiste à dériver de l’eau de mer dans des « fermes » situées proche des côtes (c’était dans les Emirats Arabes Unis), avec les avantages que cela implique (pas de perte d’eau douce, pas d’emploi de terre et même gain de « terres » fertiles sur du désert, et, dans notre cas, production de plantes de mangroves qui résistent à la salinité et que l’on pouvait convertir en biocarburant, croissance d’un écosystème qui mêle végétaux et poissons). Particularité dûe à la présence d’une eau « naturelle » : les poissons ne sont pas loin des cultures ! Treehuger nous annonce que ces fermes aquaponiques pourraient être encore plus innovantes avec l’adjonction de biogaz. Explications.


La ferme aquaponique dont nous parlons combine, de visu, la production de végétaux qu’irrigue, sous nos yeux, de l’eau dans laquelle évoluent différents poissons (c’est donc un système sans terre). D’où le nom : aquaculture et hydroponique, qui donne aquaponique.
Les plantations filtrent l’eau et les déchets de l’eau des poissons, en tirent ses nutriments, dans une forme de symbiose qui fait de l’agriculteur un éleveur de poissons ! Nombreux sont ceux qui estiment qu’il s’agit d’une très bonne piste pour continuer à nourrir une population toujours plus nombreuse dans un monde où les ressources, elles, se font plus rares. Reste la question, toujours épineuse, de l’apport en énergie pour de telles fermes. Le bilan énergétique est-il intéressant, si l’on prend en compte les besoins en lumière, en chauffage, de telles installations ? C’est la que le biogaz intervient.



Une ferme aquaponique à Hawaii tente à petite échelle de se pourvoir en énergie grâce au biogaz, avec la participation de Friendly Aquaponics, qui précise en quoi consiste le projet : « Ici à Hawaii nous sommes heureux de pouvoir cultiver 365 jours par an. Mais dans les zones tempérées, la période culture ne dure que 5 à 7 mois, après quoi il est coûteux pour les agriculteurs d’entretenir et de chauffer des serres et de leur apporte le surcroit de lumière nécessaire en hiver. Du coup, nombreux sont les agriculteurs qui se passent de serre, en raison du prix exorbitant de l’énergie requise lors de la basse saison ». Le biogaz intervient ici : puisque les fermes disposent de quantité de biomasse (déchets agricoles), celui-ci peut idéalement fournir assez d’énergie pour l’illumination, 65% du chauffage et le reste peut servir de fertilisants.



Il suffirait donc selon Friendly Aquaponics d’ajouter au modèle de la ferme aquaponique l’adjonction du retraitement des déchets de la production agricole et poissonnière pour amortir une partie de l’électricité. Le tout ressemble presque à un système de production de nourriture auto-suffisant et propre !

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Un débouché pour le lisier de porc

mercredi 7 avril 2010

Les déchets de l’agriculture porcine ennuient, dérangent, à tel point qu’aux Etats-Unis, un procès réclame 11 millions de dollars au producteur industriel de porcs Premium Standard Farms pour les dérangements occasionnés par son lisier de porc. Avec près de 200 000 têtes par ans, ce sont près de 314 millions de litres de lisier qui se sont accumulés en une décennie, dans des « lacs » dont la taille impressionne (Cleantechnica). Plus proche de chez nous, on sait qu’en Bretagne, les lisiers des grands élevages de porc causent également des nuisances.

Là où les cleantech pourraient faire des miracles, c’est en parvenant à convertir ces déchets organiques en biogaz, comme on arrive à le faire pour bien d’autres produits. Il existe des « digesteurs » de lisier qui sont capable de transformer les déchets des porcs en méthane et en fertilisant. Les acteurs de l’agro-alimentaire devraient donc logiquement investir dans cette technologie qui leur épargnerait des procès et une mauvaise image, tout en créant un nouveau débouché pour ce produit non désiré mais inévitable.


Aux Etats-Unis comme en France, les Etats ont longtemps favorisé l’agriculture intensive pour gagner toujours plus en productivité… au détriment de l’environnement, naturel ou voisinage « humain ». Il faut changer d’approche et penser l’ensemble de la production agricole, déchets compris, dans une optique de long terme, où chaque « produit » trouverait une place. Et ça paie. Pour exemple, une très grande ferme du Nevada a réussi à multiplier ses bénéfices par 5 après avoir investi dans ces digesteurs. Les avantages sont nombreux : génération d’énergie pour la ferme, vente de l’excédent à la collectivité, production de fertilisant, acquisition de crédit carbone, et, quand la technologie se développera, intégration d’autres types de déchets comme matière première.


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Des enzymes de termites pour produire du biocarburant

jeudi 24 décembre 2009


Après le café, la pastèque, l’urine, le bois mort ou encore la tuberculose, c’est au tour des termites d’être mis à contribution pour produire des biocarburants (Cleantechies). C’est une entreprise américaine qui a eu l’idée de se servir d’un stock de déchets d’origine agricole – qui contiennent donc des sucres.

ZeaChem, cette start-up, utilise les enzymes des termites (qui mangent du bois, habituellement). Résultat en laboratoire : un rendement en éthanol supérieur de 35% par rapport aux autres substances capables de produire de l’éthanol cellulosique, selon la Technology Review du MIT.



ZeaChem utilise de l’acide pour craquer la cellulose en sucres, mais plutôt que de faire fermenter les sucres en utilisant de la levure (la technique habituelle), ils donnent ces sucres à une bactérie acétogène (qui produit de l’acétate à partir de dioxyde de carbone et d’hydrogène ou de glucides) que l’on trouve chez les termites. La bactérie transforme les sucres en acide acétique, qui à son tour produit de l’éthanol si combiné avec de l’hydrogène.

« Ce n’est pas la manière la plus évident ni la plus directe, mais les rendements sont supérieur », a déclaré un chercheur du National Renewable Energy Lab du Colorado. Le rendement actuel de ZeaChem est de 510 litres d’éthanol pour une tonne de déchets cellulosiques.

Lien schéma :


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La ferme du futur est fonction de la consommation de pétrole

mercredi 25 mars 2009

La BBC a récemment diffusé un excellent documentaire intitulé en VO « A farm for the Future » (vous pouvez le retrouver sur le site de la BBC ou par certains sites de vidéo à la demande), qui prend en compte la production (et la consommation) de pétrole, notamment le fameux « peak oil » que l’on a probablement passé. En gros, à partir de maintenant, admettons qu’il y ait toujours moins de pétrole (pour une demande stagnante en 2009 mais qui reprendra plus tard). Quid de l’agriculture ? C’est un peu le parent pauvre de ce débat. On parle souvent des automobilistes qui paient le prix cher, des grèves des transporteurs, mais l’agriculture, c’est à dire le secteur qui s’occupe de nous alimenter, est également un souci.

C’est le cas d’un couple d’agriculteurs anglais qui est passé à la loupe. On y apprend notamment l’importance du pétrole dans l’agriculture (fonctionnement de nombreuses machines de transformation des aliments, incessants transports entre la matière première et le produit fini, sans parler de la distribution), et comment des agriculteurs comptent faire face à la décrue de la production, qui a terme augmentera nettement les prix du pétrole, rendant alors la chaine alimentaire de l’homme soumise aux aléas du prix du brut.

A voir donc, surtout qu’à la caution « morale » de la BBC, renommée pour son sérieux, se rajoute le fait que le documentaire a eu beaucoup de mal à voir le jour. En effet, le département scientifique de la BBC est réputé très conservateur, et a d’abord vu le film comme un simple outil de communication des filières « propres ». Mais après un nouveau travail de l’équipe, la BBC diffuse finalement le film, jugeant alors pertinentes les preuves apportées à un dossier qui est réellement très inquiétant.

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