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Veolia fait rouler des véhicules aux déchets

dimanche 2 mai 2010


Depuis le mois de Septembre, Veolia Propreté a démarré une unité de production de biométhane carburant, à partir du biogaz récupéré de l'installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND) située à Claye-Souilly en Seine et Marne.

Sur ce site qui traite plus d'un million de tonnes de déchets par an, le centre R&D de Veolia Environnement expérimentent jusqu'en 2011 la revalorisation du gaz de décharge en biométhane. Le démonstrateur qui a été mis en place a une capacité de production de 60 Nm3/h de biométhane carburant, à partir du biogaz capté sur l'installation de stockage de déchets. Grâce au fort pouvoir énergétique du méthane (1 tonne de déchets ménagers produit environ 200 m3 de biogaz ou 100 m3 de méthane qui équivalent à 100 litres d'essence), cette production représente l'équivalent des besoins énergétiques annuels d'une flotte de 210 véhicules légers.

Avec ce démonstrateur, Veolia est capable de produire du biométhane composé à plus de 95% de méthane qui possède le même pouvoir calorifique que le méthane fossile (gaz naturel). Mais sa combustion permet d'éviter l'émission de 140 grammes éqC02 par kilomètre parcouru, par rapport au diesel. Le projet, lancé en 2008, a nécessité un investissement de 1,6 million d'euros, dont 300000 euros apportés par l'Ademe.


Pour être transformé en méthane presque pur, le biogaz issu de la torchère doit être débarrassé des 35% de C02 et des 16% d'azote qu'il contient, et épuré des polluants qu’il contient (siloxanes, etc.).

Pour ce faire, le centre de recherche de Veolia Environnement a choisi de tester sur ce site deux technologies, après avoir passé en revue toutes celles qui existent, notamment aux États-Unis. La première de ces technologies consiste à utiliser un démonstrateur qui fonctionne par absorption selon le principe VPSA (Vacuum Pressure Swing Adsorption). «Il s'agit de charbons actifs qui absorbent le C02. Cette technologie est la plus robuste», souligne Christophe Aran, Directeur adjoint des centres R&D Veolia Environnement. Le démonstrateur permet d'extraire C02 et N2 du biogaz, puis de le dépolluer. Ensuite, il est comprimé à une pression de 300 bars afin d'obtenir le biométhane. L'autre méthode est un procédé membranaire: les molécules du gaz de décharge sont filtrées en sélectionnant le méthane et en stoppant le C02. «Cette technologie a plus d'avenir-, ce secteur industriel est en plein essor et les membranes proposées sur le marché vont devenir de plus en plus performantes et moins coûteuses», poursuit Christophe Aran.



Les équipes de Veolia Environnement ont ainsi atteint leur premier objectif qui était de vérifier s’il était techniquement possible de produire du biométhane à partir du biogaz des déchets. Maintenant, les nouveaux essais permettront de déterminer combien ces technologies coûtent et surtout si elles sont économiquement, écologiquement et énergétiquement intéressantes. Pour le moment, le carburant produit, appelé Méth'OD®, alimente huit véhicules légers et une benne de collecte d'ordures ménagères équipés de moteurs de type gaz naturel pour véhicules {GNV) qui font le plein sur le site de Claye-Souilly.

Ce nouveau mode de valorisation énergétique du biogaz vient compléter les installations de valorisation énergétique du site par turbine, d'une capacité de 27 MW, qui produisent une quantité d'électricité équivalente à la consommation électrique hors chauffage d'une ville de 228 000 habitants.

"En utilisant le biogaz excédentaire qui partait auparavant vers les torchères, nous n'altérons pas cette production électrique», conclut Christophe Aran, qui avoue également étudier la possibilité d'injection du biométhane dans le réseau de gaz naturel.



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Les fermes aquaponiques rendues plus efficaces par du biogaz

mercredi 21 avril 2010

Attention, article plein d’innovations ! Pour ceux qui nous suivent régulièrement, vous nous avez déjà entendu traiter d’un nouveau système d’irrigation pour l’agriculture qui consiste à dériver de l’eau de mer dans des « fermes » situées proche des côtes (c’était dans les Emirats Arabes Unis), avec les avantages que cela implique (pas de perte d’eau douce, pas d’emploi de terre et même gain de « terres » fertiles sur du désert, et, dans notre cas, production de plantes de mangroves qui résistent à la salinité et que l’on pouvait convertir en biocarburant, croissance d’un écosystème qui mêle végétaux et poissons). Particularité dûe à la présence d’une eau « naturelle » : les poissons ne sont pas loin des cultures ! Treehuger nous annonce que ces fermes aquaponiques pourraient être encore plus innovantes avec l’adjonction de biogaz. Explications.


La ferme aquaponique dont nous parlons combine, de visu, la production de végétaux qu’irrigue, sous nos yeux, de l’eau dans laquelle évoluent différents poissons (c’est donc un système sans terre). D’où le nom : aquaculture et hydroponique, qui donne aquaponique.
Les plantations filtrent l’eau et les déchets de l’eau des poissons, en tirent ses nutriments, dans une forme de symbiose qui fait de l’agriculteur un éleveur de poissons ! Nombreux sont ceux qui estiment qu’il s’agit d’une très bonne piste pour continuer à nourrir une population toujours plus nombreuse dans un monde où les ressources, elles, se font plus rares. Reste la question, toujours épineuse, de l’apport en énergie pour de telles fermes. Le bilan énergétique est-il intéressant, si l’on prend en compte les besoins en lumière, en chauffage, de telles installations ? C’est la que le biogaz intervient.



Une ferme aquaponique à Hawaii tente à petite échelle de se pourvoir en énergie grâce au biogaz, avec la participation de Friendly Aquaponics, qui précise en quoi consiste le projet : « Ici à Hawaii nous sommes heureux de pouvoir cultiver 365 jours par an. Mais dans les zones tempérées, la période culture ne dure que 5 à 7 mois, après quoi il est coûteux pour les agriculteurs d’entretenir et de chauffer des serres et de leur apporte le surcroit de lumière nécessaire en hiver. Du coup, nombreux sont les agriculteurs qui se passent de serre, en raison du prix exorbitant de l’énergie requise lors de la basse saison ». Le biogaz intervient ici : puisque les fermes disposent de quantité de biomasse (déchets agricoles), celui-ci peut idéalement fournir assez d’énergie pour l’illumination, 65% du chauffage et le reste peut servir de fertilisants.



Il suffirait donc selon Friendly Aquaponics d’ajouter au modèle de la ferme aquaponique l’adjonction du retraitement des déchets de la production agricole et poissonnière pour amortir une partie de l’électricité. Le tout ressemble presque à un système de production de nourriture auto-suffisant et propre !

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Un débouché pour le lisier de porc

mercredi 7 avril 2010

Les déchets de l’agriculture porcine ennuient, dérangent, à tel point qu’aux Etats-Unis, un procès réclame 11 millions de dollars au producteur industriel de porcs Premium Standard Farms pour les dérangements occasionnés par son lisier de porc. Avec près de 200 000 têtes par ans, ce sont près de 314 millions de litres de lisier qui se sont accumulés en une décennie, dans des « lacs » dont la taille impressionne (Cleantechnica). Plus proche de chez nous, on sait qu’en Bretagne, les lisiers des grands élevages de porc causent également des nuisances.

Là où les cleantech pourraient faire des miracles, c’est en parvenant à convertir ces déchets organiques en biogaz, comme on arrive à le faire pour bien d’autres produits. Il existe des « digesteurs » de lisier qui sont capable de transformer les déchets des porcs en méthane et en fertilisant. Les acteurs de l’agro-alimentaire devraient donc logiquement investir dans cette technologie qui leur épargnerait des procès et une mauvaise image, tout en créant un nouveau débouché pour ce produit non désiré mais inévitable.


Aux Etats-Unis comme en France, les Etats ont longtemps favorisé l’agriculture intensive pour gagner toujours plus en productivité… au détriment de l’environnement, naturel ou voisinage « humain ». Il faut changer d’approche et penser l’ensemble de la production agricole, déchets compris, dans une optique de long terme, où chaque « produit » trouverait une place. Et ça paie. Pour exemple, une très grande ferme du Nevada a réussi à multiplier ses bénéfices par 5 après avoir investi dans ces digesteurs. Les avantages sont nombreux : génération d’énergie pour la ferme, vente de l’excédent à la collectivité, production de fertilisant, acquisition de crédit carbone, et, quand la technologie se développera, intégration d’autres types de déchets comme matière première.


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Faire de l’électricité à partir de bouse de vache

mardi 24 novembre 2009


Nous vous avions parlé récemment des 10 sources d’énergie renouvelable les plus insolites, on y trouvait notamment la graisse tirée des liposuccions ou encore les déchets toxiques. On peut désormais ajouter à ce palmarès la bouse de vache, dont les néerlandais viennent de faire la matière première d’une central électrique (Cleantechnica).


La centrale est évidemment placée dans une zone rurale d’élevage, pour ne pas avoir à transporter la bouse sur plusieurs centaines de kilomètres. A proximité, donc, un établissement agro-alimentaire géant dont une partie est consacrée aux produits laitiers. La bouse de ces caches, convertie en biogaz, pourra fournir le chauffage d’environ 1 100 foyers dans la régions, soit près de 4 000 personnes. La « mixture » sera faite de bouse et d’herbe.

C’est en tout cas une bonne nouvelle pour le secteur agricole qui trouve là un débouché intéressant et écologiquement propre : des fermiers américains avaient déjà loué leurs parcelles pour les éoliennes, ce qui contribue à rendre plus verte un secteur traditionnellement polluant.


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L'Autriche recycle les aliments

samedi 25 avril 2009

Les technologies propres ont cet aspect créatif qui fait toute la saveur des innovations dont on vous parle ici depuis quelques temps déjà. Cette fois-ci, c’est en Autriche, dans un village du Tyrol, qu’une idée géniale pourrait faire en sorte que l’alimentation ne soit pas uniquement synonyme de consommation (et de tonnes d’ordures ménagères), mais aussi de production d’énergie (CleanTechnica).

Le village de Schlitters a eu l’idée géniale de coupler une unité de production de biogaz à son usine de recyclage des déchets ménagers. L’utilisation d’une technique de destruction des ordures nouvelle (par écrasement plutôt que par « découpe en tranche ») leur a permis d’augmenter la « surface utile » des déchets, comprendre utile pour les bactéries qui peuvent s’y développer pour les méthaniser, et ainsi produire ce fameux biogaz. Résultat : 30% de méthane en plus !


L’unité mixte collecte donc les déchets des restaurants et habitations environnants, puis utilise des chaines (plutôt que des lames, donc) pour écraser et mettre en pièces la matière organique de ces déchets.

Au final, un double avantage : moins de place nécessaire pour le stockage des déchets (un problème de taille), mais également l’amorce d’une réflexion sur cette surproduction et surconsommation de nourriture qui, dans les pays industrialisés, nous « permettent » d’en jeter tant.

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