La stratégie du CEA en matière d’énergies alternatives

jeudi 13 mai 2010

La France tire aujourd’hui près de 50% de ses besoins énergétiques des ressources fossiles alors qu’en moyenne, à l’échelle du monde, les pays tirent en moyenne plus de 80% de leur énergie de ce type de combustible.

Cette situation particulière tient au soutien historique apporté à l’énergie électronucléaire, une majeure partie de l’électricité (78%) étant fournie par le parc de centrales nucléaires. La dépendance aux combustibles fossiles n’en demeure pas moins importante pour certains secteurs, comme le transport. Le recours aux énergies fossiles, en France et ailleurs, devrait selon toute vraisemblance faire l’objet de contraintes de plus en plus marquées dans les années à venir, contraintes d’ordre géopolitique et contraintes techniques :

· Demande mondiale en hydrocarbures en forte augmentation d’ici à 2030 (selon les projections de l’Agence internationale de l’énergie - AIE) ;

· Incertitude croissante sur les prix des hydrocarbures, due à un contexte géopolitique parfois sensible ;

· Exigences de passage à des énergies « propres », sous l’impulsion des politiques nationales et internationales (UE) de lutte contre le réchauffement climatique ;

· Scénarii d’épuisement de certaines ressources fossiles à plus ou moins long terme, avec contraintes sur les techniques d’extraction des ressources et les prix afférant.



En 2009, le gouvernement a donné une forte impulsion au développement des énergies alternatives, en substitution, lorsque cela est envisageable, aux énergies fossiles. Les politiques mises en œuvre visent à renforcer l’indépendance énergétique et à accroître la part des énergies « propres » dans le bilan énergétique.


Pour répondre à cette demande de l’Etat, le CEA développe depuis une dizaine d’années un programme de recherche en faveur des Nouvelles technologies de l’énergie. Les objectifs du programme Nouvelles Technologies de l’Energie (NTE) se situent à trois niveaux différents :

1- il vise à proposer des solutions complémentaires, de production électrique à partir d’énergies renouvelables, de stockage et de gestion des réseaux, articulées autour de la production électronucléaire ;


2- il cible les usages qui font l’objet des contraintes les plus fortes : bâtiment et transports ;
3- il vise des solutions technologiques viables à échelle industrielle.


Le CEA positionne sa recherche sur la production, la gestion et les utilisations d’une énergie électrique décarbonée. Dans le domaine des énergies renouvelables, le CEA travaille sur les composantes majeures suivantes :

· La production d’électricité à partir d’énergie solaire : photovoltaïque et thermique à concentration

· La gestion de l’électricité et de son intermittence par du stockage et des systèmes électriques intelligents permettant une meilleure adaptation de l’offre et de la demande électrique. Deux modes de stockage de l’électricité sont étudiés :

o Le stockage électrochimique,

o Le stockage chimique sous forme notamment d’hydrogène, et son utilisation dans la synthèse de biocarburants à partir de biomasse.

· L’utilisation de l’électricité dans deux applications traditionnellement fortement émettrices de gaz à effet de serre :

o Le bâtiment, en faisant porter les efforts sur la conception, l’intégration de l’énergie solaire, thermique et photovoltaïque, et sur une gestion optimisée de l’énergie ;

o Les transports avec le développement de batteries et de piles à combustible pour les véhicules électriques et hybrides.



Le budget du CEA dans le domaine des Energies alternatives connait une croissance annuelle de 30 à 40% depuis plusieurs années, pour atteindre en 2010 un montant de 156 millions d’euros (dépenses en coût complet). Cette croissance est focalisée sur quelques thématiques parmi lesquelles :

o l’énergie solaire dont le budget a été multiplié par 4 en trois ans dans le cadre du développement de l’Institut de l’Energie Solaire (INES) à Chambéry, et qui représente, en 2010, 40% de l’activité Energies alternatives,

o plus récemment le véhicule électrique avec le développement de batteries dans le cadre du partenariat avec Renault-Nissan.


Cette croissance est liée en particulier à une augmentation très importante des recettes externes qui ont été multipliées par 3 au cours de ces 3 dernières années et qui représentent plus de 60% du budget Energies alternatives.


S’agissant des effectifs, le programme NTE représente plus de 700 chercheurs, techniciens et ingénieurs, avec un effectif qui croît de 50 à 100 salariés par an. Une grande partie des effectifs est regroupée au sein de l’institut Liten (Laboratoire d’innovation pour les technologies des énergies nouvelles et les nanomatériaux), au CEA de Grenoble. Néanmoins, les recherches utilisent toutes les compétences des différents pôles du CEA ; l’objectif du programme NTE est précisément de coordonner ces compétences.


Source http://www.enerzine.com/14/9523+la-strategie-du-cea-en-matiere-denergies-alternatives+.html


TechnoPropres

1 commentaires:

clement.fevre 15 mai 2010 à 08:17  

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